L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme. Dans son rapport mondial 2026 sur l’hépatite, publié mardi 28 avril, l’institution onusienne met en évidence la lenteur des avancées dans la lutte contre les hépatites B et C, responsables de la grande majorité des décès liés à ces infections.
Selon les données de l’OMS, ces deux formes d’hépatite ont causé à elles seules 1,34 million de morts dans le monde en 2024. Malgré les efforts engagés depuis une décennie, la transmission reste soutenue, avec environ 4 900 nouvelles infections recensées chaque jour, soit près de 1,8 million de nouveaux cas par an.
Face à cette situation, l’OMS appelle les États à accélérer la riposte. «Les pays doivent agir plus rapidement pour intégrer les services de prise en charge de l’hépatite B et C dans les soins de santé primaires et atteindre les communautés les plus touchées», a déclaré Tereza Kasaeva, directrice du département Hépatite à l’OMS.
Le rapport souligne toutefois certaines avancées depuis 2015. Les nouvelles infections à l’hépatite B ont diminué de 32 %, tandis que celles liées à l’hépatite C n’ont reculé que de 8 %. Du côté de la mortalité, les décès dus à l’hépatite C ont baissé de 12 %, alors qu’ils ont augmenté de 17 % pour l’hépatite B.
Ce contraste est d’autant plus préoccupant que l’hépatite B peut être prévenue grâce à la vaccination. En 2024, la couverture mondiale pour la troisième dose du vaccin atteignait 84 %. En revanche, seulement 45 % des nouveau-nés ont reçu la dose administrée à la naissance, pourtant essentielle pour prévenir la transmission de la mère à l’enfant.
Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, les résultats restent en deçà des objectifs. «Ce rapport montre que les progrès sont trop lents et inégaux. Nombre de personnes demeurent non diagnostiquées et sans traitement, en raison de la stigmatisation, de la fragilité des systèmes de santé et de l’inégalité d’accès aux soins», a-t-il déclaré.
En 2024, environ 287 millions de personnes vivaient avec une hépatite B ou C chronique, soit près de 3 % de la population mondiale. Parmi les 240 millions de personnes atteintes d’hépatite B, moins de 5 % bénéficiaient d’un traitement. Pour l’hépatite C, seuls 20 % des patients ont été traités depuis 2015, malgré l’existence de thérapies efficaces permettant une guérison dans environ 95 % des cas en seulement 12 semaines.
Le rapport met également en lumière une forte concentration des décès dans certains pays. Dix États, dont la Chine, l’Inde, le Nigeria ou encore l’Afrique du Sud, représentent à eux seuls 69 % des décès liés à l’hépatite B. Une répartition similaire est observée pour l’hépatite C, avec 58 % des décès concentrés dans une dizaine de pays, incluant notamment le Pakistan, la Russie et les États-Unis.
Malgré ces défis, l’OMS insiste sur le fait que les outils pour éliminer l’hépatite en tant que menace de santé publique existent déjà. « Il est urgent d’accélérer massivement la prévention, le dépistage et l’accès aux traitements », a insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus.
S.S.YADE












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