Infectiologue et chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’Hôpital de Fann, Pr Moussa Seydi s’est voulu rassurant face aux inquiétudes suscitées par la maladie à Hantavirus liée au «virus des cendres». Selon lui, malgré les décès enregistrés et la surveillance internationale en cours, la situation reste maîtrisée grâce aux mesures sanitaires mises en place.
Il a indiqué que la maladie a déjà causé la mort de trois personnes. Il précise également qu’une centaine de contacts font actuellement l’objet d’un suivi dans plus de vingt pays, dont une soixantaine en Afrique du Sud.
Concernant le Cap-Vert, il souligne qu’il n’y a pas eu de contact en réalité au Cap-Vert, parce que, dit-il, les autorités capverdiennes n’avaient pas autorisé le débarquement des passagers symptomatiques sur leur territoire.
«Il y a eu juste l’autorisation du transfert de trois malades en urgence absolue par avion à partir du bateau vers l’Europe. En Afrique du Sud, par contre, deux cas y ont été hospitalisés, mais dans des conditions de précaution extrêmes, parce que tous les contacts ont pu être recensés et sont actuellement suivis», confie Pr Seydi.
Le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’Hôpital Fann s’est également félicité de l’absence de cas secondaires en dehors des personnes présentes sur le bateau. «Ceux qui étaient dans le bateau n’ont pas contaminé ceux qui n’y étaient pas», a-t-il insisté.
Selon lui, cette situation s’explique à la fois par la rigueur des mesures de prévention appliquées et par le faible niveau de transmission interhumaine de cette maladie. Il précise que cette maladie n’est pas aussi transmissible d’homme à homme comme on le pense.
Une maladie différente de la COVID-19
Le professeur Seydi estime que les craintes observées au Sénégal et dans plusieurs pays sont largement influencées par le traumatisme laissé par la pandémie de COVID-19. Il a rappelé que les deux maladies sont très différentes, notamment en matière de transmission, de contagiosité et de taux de reproduction.
Contrairement à la COVID-19, qui se transmet facilement par voie respiratoire à travers les gouttelettes et les aérosols, la maladie à Hantavirus se transmet principalement par les rongeurs. «La transmission interhumaine n’est pas la règle », précise-t-il.
«Concernant la période de contagiosité, un malade qui a la COVID-19 est contagieux avant l’apparition de signes cliniques et reste contagieux presque dix jours après la guérison. Mais un malade atteint de cette maladie Hantavirus est contagieux à partir du début de l’installation de signes cliniques et ne dure que durant la phase aiguë, durant pratiquement la fièvre », a fait savoir Pr Moussa Seydi.
Pour le taux de reproduction, il indique qu’un malade qui souffre de la maladie à Hantavirus ne peut contaminer qu’une seule personne. «Alors qu’un patient atteint de la COVID-19 peut contaminer cinq personnes s’il s’agit du variant Delta et quinze personnes s’il s’agit du variant Omicron».
S.S.YADE














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