La réplique ne s’est pas fait attendre. Comme une réponse du berger à la bergère. Suite à la sortie du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique sur l’affaire dite Softcare, qui a blanchi ladite entreprise ainsi que la Direction générale de l’ARP, la jonction de lutte SAMES–SUTSAS, section ARP, en conférence de presse ce mardi 10 mars a contredit le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy.
Selon les syndicalistes, il y a bel et bien la présence de matières premières périmées dans l’enceinte de production des couches et des serviettes hygiéniques.
«Le ministre s’est appesanti sur le produit fini. Or, ici, il ne s’agit pas d’une question de produit fini, mais surtout de matières premières. Les matières premières périmées se trouvaient dans l’enceinte de fabrication. Pourtant, les bonnes pratiques de fabrication interdisent de détenir, dans l’enceinte de production, des produits périmés. Il existe un article de loi qui sanctionne cela : l’article 225. Si un établissement pharmaceutique détient des produits périmés, il peut être sanctionné d’une amende de 500 000 à 1 million de CFA ou d’une peine de 3 à 10 ans de prison. Mais malheureusement, on peut dire que le ministre est du côté de Softcare», a déclaré Yankhoba Coly, secrétaire général de la section SAMES de l’ARP.
Secrétaire général du SAMES, Dr Diabel Dramé déplore également la sortie du ministre qu’il juge provocatrice. «On ne peut pas épargner la Direction générale de l’ARP et attaquer ces agents qui ne font que leur travail. Les mesures conservatoires qui avaient été prises d’emblée ont été levées. Mais jusqu’ici, ni le ministre de la Santé ni la Direction générale de l’ARP ne peuvent nous dire sur quels arguments techniques ils se sont basés pour lever ces sanctions. C’est une sortie très maladroite et provocatrice envers les agents. Et malheureusement, ce n’est pas la première fois. Nous avons vu un ministre qui, à chacune de ses sorties, s’attaque à ses agents. Chose que nous ne cautionnerons pas et nous lui demandons de s’arrêter», a déclaré Dr Diabel Dramé.
Poursuivant, il estime que l’affaire Softcare n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Car, souligne-t-il, elle cache mal les dysfonctionnements au niveau de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP), qui existent depuis longtemps et qui ont déjà motivé des mouvements de grève au sein de l’agence à travers la jonction SAMES–SUTSAS.
Face à cette situation, les syndicats ont décidé d’aller en grève dans les prochains jours afin de se faire entendre. «Force est de constater que, jusqu’à présent, aucune considération n’a été accordée par les autorités par rapport à cette affaire. Les sections SAMES et SUTSAS se sont donc rencontrées pour signer un pacte allant dans le sens d’unir leurs efforts afin de vaincre ce mal, notamment les dysfonctionnements au niveau de l’ARP. C’est dans ce sens que le SAMES a déposé auprès de l’autorité un préavis de grève qui nous permettra de dérouler notre plan d’action», a annoncé Dr Diabel Dramé.
S.S.YADE













+221 77 142 18 18
info@madamesante.sn
Rue 25 Dakar