Présentée au congrès 2026 de l’American Society of Breast Surgeons (ASBrS), une étude randomisée menée dans 14 centres américains suggère que la mastectomie robotisée avec conservation du mamelon pourrait réduire certaines complications et améliorer la satisfaction des patientes. Des résultats prometteurs, qui nécessitent toutefois un suivi à long terme.
La chirurgie du cancer du sein connaît de nouvelles avancées avec le développement des techniques mini-invasives. Parmi elles, la mastectomie robotisée avec conservation du mamelon, réalisée à l’aide du système da Vinci Single Port, suscite un intérêt croissant. Une étude présentée au congrès 2026 de l’ASBrS a comparé cette approche à la mastectomie ouverte chez des femmes atteintes d’un cancer du sein à un stade précoce.
Menés dans 14 centres américains sous la direction de Katherine Kopkash, directrice de la chirurgie oncoplastique du sein chez Endeavor Health et professeure clinicienne à l’Université de Chicago, les travaux ont porté sur 74 patientes réparties aléatoirement en deux groupes de 37. Au total, 65 mastectomies robotisées et 66 interventions ouvertes ont été réalisées, plusieurs participantes ayant subi une chirurgie bilatérale.
Moins de complications et de réinterventions
Les résultats rapportés par les chercheurs mettent en évidence plusieurs avantages potentiels de la technique robotisée. Dans les 42 jours suivant l’intervention, des événements indésirables graves ont été observés chez 8,1 % des patientes du groupe robotique, contre 21,6 % dans le groupe ayant bénéficié d’une chirurgie ouverte.
Les réinterventions non programmées ont également été moins fréquentes après une mastectomie robotisée, avec un taux de 5,4 %, contre 21,6 % pour la chirurgie ouverte. Par ailleurs, aucune patiente du groupe robotique n’a nécessité de conversion vers une intervention ouverte.
La préservation du complexe aréolo-mamelonnaire, qui comprend le mamelon et l’aréole, a été rapportée dans 100 % des cas du groupe robotique, contre 98,5 % dans le groupe de chirurgie ouverte. Aucune récidive n’a été observée pendant la période de suivi rapportée, un résultat qui devra être confirmé par des données à plus long terme.
Une cicatrice plus discrète, mais une intervention plus longue
Au-delà des résultats chirurgicaux, la technique robotisée présente un intérêt esthétique. Elle repose généralement sur une incision de 3 à 4 centimètres, souvent dissimulée sous le soutien-gorge, contre une incision de 10 à 15 centimètres pour la chirurgie ouverte.
Selon la professeure Katherine Kopkash, les patientes éligibles à une mastectomie avec conservation du mamelon peuvent bénéficier de plusieurs avantages. Dans cette étude, les interventions réalisées avec le système da Vinci Single Port ont notamment été associées à une meilleure satisfaction des patientes, évaluée à l’aide du questionnaire BREAST-Q, un outil qui mesure leur perception des résultats et de leur qualité de vie après une chirurgie mammaire.
La technique présente néanmoins une limite importante : sa durée opératoire. L’intervention robotisée a duré en moyenne 141,6 minutes, contre 83,9 minutes pour la chirurgie ouverte. Cette différence pourrait notamment s’expliquer par la courbe d’apprentissage nécessaire à la maîtrise de cette technologie.
Pour les chirurgiens, le système robotique offre une visualisation améliorée du champ opératoire et une position de travail plus ergonomique. Il pourrait ainsi contribuer à réduire la fatigue physique et l’inconfort associés aux interventions ouvertes répétées.
Une technique réservée à des patientes sélectionnées
Malgré ces résultats encourageants, la mastectomie robotisée avec conservation du mamelon ne s’adresse pas encore à toutes les patientes. Dans le cadre de l’essai, les critères de sélection comprenaient notamment un indice de masse corporelle inférieur à 30, une taille de bonnet C ou moins et une tumeur située à au moins 10 millimètres du complexe aréolo-mamelonnaire.
La pratique de cette intervention nécessite également une formation spécifique à l’utilisation du système da Vinci, piloté par le chirurgien depuis une console dédiée.
Les chercheurs soulignent ainsi la nécessité de poursuivre les essais cliniques et de disposer de données de suivi plus longues, notamment pour mieux évaluer les résultats oncologiques et déterminer les patientes susceptibles de tirer le meilleur bénéfice de cette approche.
S.S.YADE














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