Journée Mondiale contre l’hypertension artérielle édition 2026
HTA : le silence qui tue
On a peur du malaise, du cœur qui s’affaisse, du corps qui s’abaisse, du souffle qui cesse.
On a peur du départ brutal, du dernier battement fatal, de la mort subite qui frappe, quand la vie, d’un coup, nous échappe.
On a peur de l’AVC, du visage qui se dévie, du bras qui tombe, de la parole qui fuit, du cerveau qui crie quand l’artère a trahi.
On a peur des reins fatigués, des jours branchés, des nuits comptées, de la dialyse, trois fois par semaine, quand le sang demande à la machine de faire sa peine.
On a peur des complications, des urgences, des réanimations, des familles en panique, des regrets en silence, des larmes tardives devant l’évidence.
Mais dites-moi franchement : pourquoi tremble-t-on devant les dégâts, et pourquoi méprise-t-on le coupable tout bas ?
L’HTA ne fait pas de bruit.
Elle ne cogne pas toujours.
Elle ne prévient pas la nuit.
Elle avance, sans détour.
Elle serre les artères.
elle fatigue le cœur.
elle abîme les reins.
elle menace le cerveau sans douleur.
Et pendant ce temps, il y a le «toutologue», celui qui parle fort, sans cardiologue, celui qui sait tout, qui soigne tout, qui promet tout, mais qui ne mesure rien, ne suit rien, ne prouve rien du tout.
Il te dit : «Arrête les médicaments du médecin, tu ne vas pas prendre ça toute ta vie.»
Mais regarde bien.
Il te demande de refuser un comprimé, un seul comprimé bien dosé,
contrôlé, surveillé, adapté, pour éviter que ton corps ne soit brisé.
Mais as-tu remarqué ?
Si les complications arrivent, ce ne sera plus un comprimé qui t’attend.
Ce seront cinq.
Parfois dix.
Parfois matin, midi et soir.
Pour le cœur.
Pour les reins.
Pour le sang.
Pour le sucre.
Pour le cholestérol.
Pour fluidifier.
Pour protéger.
Pour réparer ce qui aurait pu être évité.
Et même avec tout ça, ce n’est pas sûr que tu retrouves le bien-être
d’une tension normalisée.
Ce n’est pas sûr que ton cerveau oublie l’AVC.
Ce n’est pas sûr que tes reins reviennent.
Ce n’est pas sûr que ton cœur récupère.
Ce n’est pas sûr que ta vie redevienne légère.
Il t’a fait peur du traitement à vie, mais il ne t’a pas parlé des séquelles à vie.
Il t’a fait peur du comprimé, mais il ne t’a pas parlé de la dialyse.
Il t’a fait peur de l’ordonnance, mais il ne t’a pas parlé de la dépendance.
Il t’a fait peur du médecin, mais il ne t’a pas parlé du fauteuil roulant, de la paralysie, du souffle court, des urgences, des dettes, des nuits blanches, et des familles qui prient.
Et regarde encore : celui qui refuse ton comprimé du matin te propose souvent ses plantes du soir.
Décoctions à vie.
Mélanges à vie.
Bouteilles à vie.
Sans dosage.
Sans bilan.
Sans surveillance.
Sans savoir ce que ton cœur, ton foie, tes reins
vont payer dans le noir.
Il critique l’ordonnance signée, mais il impose la potion improvisée.
Il attaque le médicament contrôlé, mais il vend le mystère non dosé.
Alors pose-toi la question : vas-tu continuer à l’écouter, quand ton cœur, ton cerveau et tes reins sont en danger ?
Le médicament n’est pas une prison.
Quand il est indiqué, c’est une protection.
Le suivi n’est pas une punition.
C’est une chance de garder ta maison, ton travail, ta famille, ta mission.
Mesure ta tension.
Connais tes chiffres.
Écoute ton médecin.
Ne laisse pas les paroles faciles voler ton destin.
Moins de sel.
Plus de mouvement.
Un bon sommeil.
Un traitement correctement.
Un suivi régulièrement.
C’est ainsi qu’on gagne contre l’ennemi silencieux, patiemment.
L’HTA tue en silence.
Mais nous, aujourd’hui, on parle avec puissance.
Parce qu’un AVC évité, c’est une vie sauvée.
Une dialyse évitée, c’est une liberté gardée.
Une mort subite évitée, c’est une famille qui respire encore, un enfant qui revoit son père, une mère qui rentre à la maison, un cœur qui bat plus fort.
HTA, on t’a reconnue.
On ne te banalise plus.
On te dépiste.
On te traite.
On te surveille.
On te combat.
Prévenir. Dépister. Traiter. Protéger.
Dr Oumou D. K. BAH
Cardiologue • Hypertensiologue • Prévention MNT
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