L’OMS nous rappelle que sur 10 patients traités seuls 3 sont controlés.
Ce vécu reflete bien la réalité.
Il a arrêté son traitement pour me prouver qu’il était guéri.
Et il est revenu.
Storytime.
Quelques mois plus tôt, il arrivait avec une tension à 19. Découragé.
Docteur, avec une tension pareille, moi, je n’aurai jamais une tension normale.
Si. On va y arriver. Mais on va travailler ensemble.
On confirme les chiffres, on cherche les signes de gravité, on met en place un traitement adapté à son profil. Puis commence le suivi. Il mesure sa tension à domicile et m’envoie ses chiffres sur WhatsApp.
Progressivement, ça descend :
16/10…
14/9…
Puis 12/8. Parfois même 11/7.
Il est heureux. Moi aussi. On renouvelle pour trois mois. Tout se passe parfaitement.
Puis la boîte se termine.
Et là… il décide de faire son petit essai clinique personnel.
Il revient quelques mois plus tard, un peu gêné :
Docteur, j’avais arrêté les médicaments.
Pourquoi ?
Parce que ma tension était devenue normale. Je voulais voir si elle allait remonter.
Danga doon testé sa galaadj
Pourtant, on avait tout expliqué. Pendant des heures. Il avait même parfaitement compris l’image du ressort.
Un antihypertenseur ne remet pas le compteur à zéro pour toujours. Il abaisse la pression et aide à la maintenir. C’est comme une main posée sur un ressort : tant que la main reste là, le ressort reste comprimé. Si on la retire brusquement, il peut remonter.
Le 12/8 ne prouvait pas que le traitement était devenu inutile. Il prouvait qu’il faisait son travail.
Dans ma pratique, j’ai parfois l’impression de voir sept patients sur dix passer par ce break. Ce n’est pas une statistique. C’est mon observation de terrain. Ils veulent tester leur corps, voir s’ils sont guéris. Puis les chiffres remontent. La peur revient. Et le patient aussi.
C’est précisément là que notre réaction compte.
Si on le gronde après toutes ces explications, il risque de cacher son prochain arrêt, ou de ne plus revenir. Comprendre une maladie ne veut pas encore dire l’avoir acceptée.
L’arrêt reste dangereux et ne doit jamais être banalisé. Mais le retour du patient, lui, est une porte qui s’ouvre. On l’accueille. On cherche les raisons de l’arrêt et les complications auxquelles il a pu s’exposer. On réévalue. Puis on reprend ou on ajuste.
Alors je lui dis :
Bravo. Pas parce que tu as arrêté. Bravo parce que tu es revenu. Ton test est terminé. Maintenant, on reprend tout à zéro.
Aux jeunes médecins et aux soignants : ne vous découragez pas. Ce break ne veut pas dire que votre counselling a échoué. Il fait parfois partie du chemin vers l’acceptation d’une maladie chronique.
Gardez la porte ouverte.
C’est souvent après ce fameux test que commence la véritable adhésion au traitement.
Dr OK
Dalal Xol
Cardiologue
Hypertensiologue.












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