La question de la transmission volontaire du VIH déchaîne toutes les passions depuis quelques temps et suscite de vives inquiétudes chez certains patients vivant avec le VIH/Sida. Mais les spécialistes ne lésinent pas sur les efforts pour assurer le bon déroulement du traitement, en rassurant les populations sur la prise en charge de la maladie.
Médecin de prise en charge au niveau du centre de recherche, Dr Rassoul Diouf rassure : «Dans notre vécu de tous les jours, nous avons des patients qui ont pu prendre leur traitement pendant plus de 30 ans. Donc, cela prouve qu’il n’y a plus de questions à se poser par rapport au fonctionnement du traitement».
Le spécialiste souligne que le VIH est une pathologie qui met 2 à 3 jours pour intégrer l’organisme. Après ces 3 jours, dit-il, il peut rester 10 à 20 ans dans le sang et les symptômes vont bien sûr tarder à apparaître.
«Quand ils apparaissent, c’est qu’il y a des problèmes, des difficultés. L’organisme a perdu ses défenses et les complications surviennent. Lorsqu’on a un problème d’ordre sanitaire, comme la diarrhée ou une perte de poids, on se rend à l’hôpital et le test peut être positif. Souvent, dit-il, c’est parce que l’infection a duré dans le sang. Donc les personnes récemment infectées ne ressentent rien. Aussi, lorsque le traitement est bien suivi, en à peu près 6 mois, tout se passe bien. Malheureusement, si le traitement n’est pas bien suivi, le virus commence à se répliquer : la charge virale augmente et le virus peut se multiplier plus d’un milliard de fois par jour. Dès que l’on prend le traitement, la charge virale devient indétectable, c’est-à-dire inférieure à 50 copies par millilitre. Le patient commence alors à se porter bien. Il y a des patients qui peuvent prendre jusqu’à 15 à 18 kilos par trimestre. Ils deviennent des personnes normales comme tout le monde. Ce sont des patients suivis pour une pathologie, et tout se passe très bien», avance Dr Diouf.
Selon lui, la difficulté majeure reste le regard porté sur ces patients en situation de vulnérabilité.
«Si l’on suit l’histoire, on se rend compte que c’était très stigmatisant. Il y a eu un passé très lourd, un traumatisme psychologique collectif pour ces patients. Heureusement, avec l’arrivée des traitements, on constate aujourd’hui qu’ils peuvent avoir une vie normale», soutient-il.
Dr Rassoul Diouf est formel : le premier danger de la stigmatisation dans la prise en charge, c’est le suicide.
«Un individu considéré comme un pilier de sa famille, qui gère tout, peut du jour au lendemain être accusé d’être sidéen et porteur d’une maladie perçue comme mortelle. C’est la porte d’entrée d’une psychose, où le patient fait face à des accusations et à des reproches. Or, le reproche est une arme : pour déstabiliser quelqu’un, il suffit de lui reprocher quelque chose. Et lorsque cela touche à la sexualité ou à un supposé vagabondage, cela peut créer des situations dangereuses, comme celles que nous avons connues il y a quelques semaines», martèle-t-il.
S’agissant de la transmission du VIH, le spécialiste rappelle qu’elle est étroitement liée à l’observance du traitement.
«Si les médicaments ne sont pas correctement pris, la charge virale augmente et le virus devient transmissible dès qu’elle dépasse 50 copies. En revanche, lorsqu’elle est inférieure à 50 et que le traitement est bien suivi, dans la majorité des cas, en moins de 6 mois, la charge virale devient indétectable. On fait alors un test pour confirmer que tout se passe bien et la vie reprend. Le véritable danger, c’est de laisser les personnes infectées évoluer jusqu’au stade Sida», indique-t-il.
S.S.YADE













+221 77 142 18 18
info@madamesante.sn
Rue 25 Dakar