Le suicide d’un candidat au baccalauréat, qui se serait jeté dans un puits après avoir appris son échec à l’examen, a profondément bouleversé plus d’un. En effet, ce drame relance le débat sur la pression psychologique qui entoure le baccalauréat et sur la prise en charge de la santé mentale des élèves.
Psychologue-conseiller, psychothérapeute, chercheur en renforcement des systèmes de santé et spécialiste des questions de santé mentale et de soutien psychosocial, Abib Ndiaye estime que cette situation s’inscrit dans un contexte marqué par une forte anxiété autour des examens.
Selon lui, le baccalauréat est devenu un événement entouré d’un «climat anxiogène», alimenté notamment par les attentes élevées des parents et la comparaison permanente entre élèves. «Les jeunes évoluent dans une logique où ils se sentent constamment obligés de réussir, ce qui accentue leur détresse lorsqu’ils sont confrontés à un échec», explique-t-il.
Le spécialiste souligne également une fragilité émotionnelle grandissante chez les adolescents. «Leur seuil de tolérance à l’incertitude et à l’adversité est très faible. Ils peuvent rapidement sombrer dans le désespoir ou adopter des comportements extrêmes», avertit le Psychologue.
Pour Abib Ndiaye, les établissements scolaires ne disposent pas des ressources humaines suffisantes pour accompagner les élèves sur le plan psychologique. Si certains enseignants tentent de rassurer les candidats avant les épreuves, ils ne peuvent, selon lui, se substituer aux professionnels de la santé mentale.
Le psychologue plaide ainsi pour un renforcement de la présence de psychologues dans les écoles, particulièrement à l’approche des examens. Il invite le ministère de l’Éducation nationale à intégrer davantage de dispositifs d’accompagnement psychosocial afin de préparer les élèves à gérer le stress et à accepter les différents scénarios liés aux résultats.
«Le baccalauréat est une compétition, certes, mais elle doit se vivre dans un état d’esprit serein», insiste-t-il.
Au-delà du milieu scolaire, Abib Ndiaye interpelle également les familles. «Les parents devraient expliquer aux enfants que le baccalauréat n’est qu’une étape de leur vie. Un résultat négatif ne signifie pas la fin du parcours, mais une occasion de se relever et de repartir», affirme-t-il.
S.S.YADE














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