Après l’échec des négociations avec le gouvernement, la Fédération des syndicats de la santé hausse le ton. Trois points de désaccord majeurs sont au cœur du bras de fer, notamment la généralisation de l’indemnité de logement, le recrutement du personnel et l’âge de la retraite à 65 ans.
La tension monte dans le secteur de la santé. Réunis en assemblée générale de compte rendu et de mobilisation, les syndicats de la santé ont dénoncé l’échec des négociations engagées depuis près d’un mois et demi avec le gouvernement du Sénégal. Selon Cheikh Seck, coordonnateur de la Fédération des syndicats de la santé, les organisations syndicales s’attendaient à la signature du protocole d’accord lundi dernier à la Primature.
Mais, au moment de finaliser le document, les syndicats ont constaté, selon lui, « des changements » et des « prises de décision unilatérales » de la part du gouvernement. Une situation jugée inacceptable par les représentants du personnel de santé.
Premier point d’achoppement concerne la généralisation de l’indemnité de logement. Cheikh Seck rappelle que cette mesure figure dans le pacte de stabilité sociale et qu’elle avait fait l’objet d’engagements lors des négociations.
Mais, souligne-il, le gouvernement aurait proposé de reporter son application à janvier 2027. Une proposition à laquelle les syndicats disent s’opposer catégoriquement.
«C’est sur ce point que nous ne sommes pas du tout d’accord», a déclaré le coordonnateur de la Fédération des syndicats de la santé, estimant que les engagements pris doivent être respectés.
Le deuxième point de désaccord concerne le recrutement. Face au déficit important de personnel dans les structures sanitaires, les syndicats réclament davantage de recrutements et la régularisation de certains agents.
Cheikh Seck déplore notamment le non-respect, l’année dernière, des engagements pris en matière de recrutement. Pour cette année, sur les 3 700 recrutements attendus, seuls 2 500 auraient été annoncés, auxquels s’ajouterait un recrutement interministériel de 500 personnes dont les critères et les profils ne sont pas encore clairement connus des syndicats.
Ces derniers demandent ainsi à l’État de communiquer les critères de sélection et les profils correspondant aux postes concernés.
La situation des régions périphériques illustre, selon les syndicats, l’ampleur du déficit. À Kédougou, Cheikh Seck évoque le cas de 436 agents, dont moins d’une centaine seraient des fonctionnaires pris en charge par l’État. Le reste du personnel serait constitué de contractuels et d’agents communautaires.
Pour le coordonnateur, cette situation ne peut plus perdurer. Il cite également les régions de Matam et de Tambacounda comme étant confrontées à des difficultés similaires.
Le troisième sujet de désaccord porte sur l’âge de la retraite à 65 ans. Les syndicats contestent le choix fait par le gouvernement d’accorder cette mesure à seulement quatre corps de la santé.
Cheikh Seck rappelle que ces différents corps relèvent du décret n°77-887 portant statut particulier du cadre des fonctionnaires de la Santé. Il estime dès lors que le dispositif doit être élargi aux autres corps concernés.
Pour les syndicats, le décret doit donc être révisé afin d’assurer une mesure plus équitable au sein du personnel de santé.
Face à ces trois points de blocage, la Fédération des syndicats de la santé se dit prête à durcir le ton. Cheikh Seck rappelle que les organisations avaient accepté de suspendre leur mot d’ordre de grève dans le cadre d’un « pacte moral » avec le gouvernement, le temps de permettre la poursuite des négociations. Mais cette suspension pourrait ne pas durer.
«D’ici deux semaines, si l’État ne réagit pas, le pacte moral qu’on avait en disant que nous allons suspendre notre mot d’ordre de grève, nous allons reprendre la grève », a-t-il averti.
Le coordonnateur prévient ainsi que le prochain mois pourrait être marqué par une forte tension dans le secteur de la santé si aucune avancée n’est enregistrée.
S.S.YADE














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