Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la réforme de son système de santé. Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a procédé, ce mardi, à la validation technique de la Stratégie nationale de transformation du système de santé (SNTSS) 2025-2034, un ambitieux programme évalué à 6 661 milliards de francs CFA destiné à moderniser durablement le secteur.
Présidant l’atelier de validation, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a présenté cette feuille de route comme le nouveau cadre de référence de la politique sanitaire nationale. L’objectif affiché est de bâtir un système de santé plus souverain, plus performant et plus résilient, garantissant à chaque citoyen un accès équitable à des soins de qualité.
Avec un coût global estimé à 6 661 milliards de francs CFA sur dix ans, la SNTSS constitue l’un des plus importants investissements jamais envisagés dans le secteur de la santé au Sénégal.
Pour le ministre, l’enjeu dépasse toutefois la seule mobilisation des financements. Il a insisté sur la nécessité d’assurer une gestion rigoureuse des ressources afin de maximiser l’impact des investissements.
«Dans un contexte de rareté des ressources, notre défi majeur sera l’efficience, la redevabilité et la recherche constante d’un impact pour chaque franc investi», a déclaré Dr Ibrahima Sy.
La stratégie ambitionne notamment d’améliorer les principaux indicateurs sanitaires, avec une espérance de vie qui devrait passer de 69,3 ans à 73 ans à l’horizon 2034.
Parmi les réformes phares figure l’instauration progressive d’une adhésion obligatoire à l’assurance maladie, une mesure destinée à renforcer la couverture sanitaire universelle et à réduire les dépenses de santé supportées directement par les ménages.
Selon le ministre, cette réforme constitue un levier essentiel pour mieux protéger les populations contre les conséquences financières de la maladie.
La stratégie prévoit également une profonde réorganisation du système de santé à travers la réforme des districts sanitaires, considérés comme le socle de l’offre de soins, ainsi qu’une modernisation de la gouvernance des établissements hospitaliers publics et privés.
Elle mise également sur l’accélération de la digitalisation des services de santé, le renforcement de la régulation du secteur privé, l’application effective du Code de la santé publique et le développement d’une industrie pharmaceutique nationale, afin de consolider la souveraineté sanitaire du pays.
La SNTSS s’articule autour de cinq priorités majeures : améliorer la gouvernance du système de santé, renforcer son financement, faire de la prévention un pilier central, améliorer la qualité des soins et réduire les inégalités d’accès aux services de santé sur l’ensemble du territoire.
Prenant part à l’atelier, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué l’adoption de cette stratégie, estimant qu’elle offre un cadre cohérent pour orienter les politiques sanitaires au cours de la prochaine décennie.
Il a toutefois rappelé que la réussite de cette ambitieuse réforme dépendra avant tout de sa mise en œuvre, appelant les autorités à prioriser les actions, à s’appuyer sur des données probantes, à encourager l’innovation et à assurer un suivi rigoureux des résultats.
S.S.YADE














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