L’intersyndicale SAS-SAMES de la Sénégalaise Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (SEN-PNA) a exprimé, ce mardi, sa vive préoccupation face à la dégradation de la situation financière et organisationnelle de l’établissement, qu’elle considère comme une menace pour la continuité de l’approvisionnement en médicaments et produits de santé essentiels.
Dans un communiqué, le secrétaire général de l’intersyndicale, le Dr Ibrahima Ba, a indiqué que les créances dues par l’État à la SEN-PNA atteignent désormais 28 364 471 079 F CFA, contre environ 25 milliards F CFA à la même période l’année dernière. Selon lui, cette hausse s’explique principalement par le sous-financement de plusieurs programmes nationaux de santé et par les retards dans le remboursement des crédits budgétaires.
Le programme national de dialyse représente à lui seul 15 056 095 301 F CFA de créances, ce qui constitue la part la plus importante de cette dette.
D’après l’intersyndicale, cette situation affecte sérieusement la trésorerie de la SEN-PNA. Elle réduit les capacités de l’établissement à renouveler ses stocks de médicaments, à honorer ses engagements vis-à-vis des fournisseurs et à investir dans l’amélioration de ses performances.
Les responsables syndicaux signalent également une augmentation des dettes envers les fournisseurs, certains ayant déjà suspendu leurs livraisons en raison des retards de paiement. Une situation qui, selon eux, fait peser un risque réel sur la disponibilité des médicaments et des produits de santé essentiels, avec des répercussions possibles sur la prise en charge des patients.
Au-delà des difficultés financières, l’intersyndicale dénonce des dysfonctionnements dans la gestion des ressources humaines. Elle évoque des recrutements effectués en dehors des besoins réels de l’établissement, qu’elle qualifie de « clientélistes », estimant qu’ils ont contribué à alourdir la masse salariale et à accentuer les contraintes budgétaires.
Pour y remédier, elle demande la réalisation d’un audit des ressources humaines afin d’optimiser la gestion des effectifs et préconise que tout futur recrutement repose sur des critères de compétence, de mérite, de transparence et de nécessité.
Face à cette situation, le SAS-SAMES appelle les autorités à apurer dans les meilleurs délais les créances dues à la SEN-PNA. Il plaide également pour la mise en place d’un mécanisme durable de financement des programmes nationaux de santé ainsi que pour l’inscription directe des crédits budgétaires du programme de dialyse au profit de l’établissement.
L’intersyndicale réclame, en outre, la réintégration des travailleurs de la SR-PRA de Dakar qu’elle estime avoir été affectés de manière injustifiée, ainsi que l’ouverture d’un cadre de concertation avec les autorités.
«Sauver la SEN-PNA, c’est préserver la souveraineté sanitaire du Sénégal, garantir le droit à la santé des populations et protéger un outil stratégique au service de la Nation», a déclaré le Dr Ibrahima Ba au nom de l’intersyndicale.
S.S.YADE














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