Le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) est monté au créneau pour dénoncer les déclarations du directeur général du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), qui a qualifié les médecins de l’institution de «travailleurs saisonniers». Des propos jugés «inacceptables» par le syndicat, qui y voit «une méconnaissance du Code du travail et une banalisation de la précarité à laquelle sont confrontés les praticiens».
Dans un communiqué, le secrétaire général du SAMES pour la zone de Dakar, Dr Alseyni Diallo, a rappelé qu’aucune disposition du Code du travail ne reconnaît le statut de «médecin saisonnier». «Les médecins sont des professionnels hautement qualifiés, soumis à des obligations déontologiques et inscrits au Tableau de l’Ordre national des médecins. Ils ne sauraient, dès lors, être assimilés à des travailleurs saisonniers pour justifier le maintien de contrats précaires sur une longue durée», a fait savoir Dr Alseyni Diallo.
Le syndicat estime que le renouvellement répété de contrats à durée déterminée pour répondre à des besoins permanents est contraire à l’esprit de la législation du travail. Il invite ainsi l’employeur à se conformer aux dispositions légales en vigueur.
Au-delà de cette polémique, le SAMES attire l’attention sur les conditions de travail des médecins du COUD, qu’il juge particulièrement préoccupantes. Selon l’organisation syndicale, plusieurs praticiens exercent depuis plus de cinq ans sans avoir reçu un exemplaire de leur contrat de travail, une situation qu’elle considère contraire aux exigences légales.
Le syndicat dénonce également des rémunérations qu’il estime insuffisantes au regard des responsabilités assumées par les médecins, des modalités de paiement ne répondant pas aux standards de transparence attendus d’un établissement public, ainsi que l’absence de plusieurs droits sociaux essentiels à l’exercice de leur profession.
Pour le SAMES, ces difficultés contrastent avec l’engagement quotidien des médecins du COUD, qui assurent la permanence et la continuité des soins au profit de milliers d’étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, souvent dans des conditions difficiles.
Le e syndicat appelle la Direction générale du COUD à ouvrir sans délai des négociations «sérieuses et sincères» afin d’apporter des réponses concrètes aux revendications des médecins.
À défaut d’avancées rapides, le SAMES prévient qu’il n’exclut aucun moyen d’action syndicale.
«Toutefois, si aucune mesure satisfaisante n’est prise dans les meilleurs délais, le SAMES assumera ses responsabilités en recourant à tous les moyens d’action syndicale et aux voies de droit prévus par la législation en vigueur pour assurer la défense des droits et de la dignité des médecins du COUD», prévient-il.
S.S.YADE













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