Le projet de Polyclinique internationale de Dakar, implantée dans l’enceinte de l’Hôpital principal de Dakar, suscite de vives inquiétudes au sein du personnel de l’établissement. Le Syndicat des agents contractuels de la Santé et de l’Action sociale (SACSASS), par la voix de son secrétaire général, Abou Ba, interpelle les autorités sur les conséquences de cette nouvelle structure sur l’avenir de l’Hôpital principal.
«Nous voulons informer l’opinion nationale que la Polyclinique internationale de Dakar, implantée au sein même des terres de l’Hôpital principal de Dakar, pose aujourd’hui un réel problème», a déclaré Abou Ba.
Selon le secrétaire général du SACSASS, le projet avait initialement pour ambition de renforcer le niveau de l’Hôpital principal et de le porter à un niveau 4, afin de permettre aux Sénégalais de bénéficier sur place de soins spécialisés et de limiter les évacuations sanitaires à l’étranger.
Mais le syndicat s’inquiète désormais de l’évolution institutionnelle du projet.
Il estime que cette évolution suscite des interrogations chez les travailleurs comme chez les usagers. «Le personnel est inquiet, les malades sont inquiets, parce qu’on risque de voir disparaître l’Hôpital principal de Dakar avec un concurrent qui aura un plateau technique élevé», alerte-t-il.
L’une des principales interrogations soulevées par le SACSASS concerne les ressources humaines. «Où cette polyclinique va prendre ses médecins militaires ?», s’interroge le responsable syndical, qui craint une concurrence entre les deux structures, notamment en matière de personnel médical et de prise en charge des patients.
Pour le syndicat, la Polyclinique internationale doit rester indissociable de l’Hôpital principal de Dakar. Il plaide ainsi pour une organisation permettant aux deux structures de fonctionner dans le cadre d’un même établissement de niveau 4, avec une direction unique et au bénéfice de l’ensemble des patients.
Le SACSASS redoute également que les travailleurs de l’Hôpital principal voient leurs emplois et leurs conditions de travail menacés par cette nouvelle configuration. «Les travailleurs de Principal ne doivent pas voir leur travail menacé, ni leurs emplois menacés», insiste Abou Ba.
Face à ces inquiétudes, le syndicat demande aux autorités de revoir l’organisation et le statut de la structure implantée au sein de l’Hôpital principal. Il appelle également la société civile, les usagers et les députés à s’intéresser à la situation.
«Il ne faut pas attendre que l’Hôpital principal disparaisse pour se rendre compte que l’objectif qui était fixé au départ n’est pas celui qui est poursuivi à l’arrivée», avertit le secrétaire général du SACSASS.
S.S.YADE














+221 78 670 33 33
info@madamesante.sn