Les négociations entre le gouvernement et la Fédération des syndicats de la santé et de l’action sociale (F2S) ont permis d’enregistrer quelques avancées sur certaines revendications des travailleurs, mais plusieurs points de désaccord persistent. À l’issue d’une longue réunion du comité technique tenue ce jeudi, le coordonnateur de la F2S et secrétaire général du Syndicat démocratique des travailleurs de la santé et du secteur social (SDT3S), Cheikh Seck, a annoncé le maintien du mot d’ordre de grève générale prévu ce vendredi.
Selon lui, les discussions, qui se sont poursuivies jusqu’à 15 heures, ont porté sur cinq des treize points inscrits dans la plateforme revendicative des syndicats.
Parmi les sujets ayant connu une évolution figure la généralisation de l’indemnité de logement au profit des agents contractuels du ministère de la Santé ainsi que des travailleurs des hôpitaux qui n’en bénéficient pas encore. D’après Cheikh Seck, le gouvernement a assuré que les crédits nécessaires ont été inscrits dans la loi de finances, conformément aux engagements contenus dans le Pacte de stabilité sociale et sur instruction du Premier ministre.
«Si le projet est adopté par l’Assemblée nationale, les lignes budgétaires seront alimentées, ce qui permettra de régler en partie cette revendication», a-t-il indiqué, évoquant une mise en œuvre possible dans une à deux semaines.
Les échanges ont également porté sur le programme d’habitat social destiné aux agents de santé.
Les syndicats attendent des réponses concrètes lors de la prochaine réunion, prévue jeudi prochain, notamment sur les engagements pris par l’État depuis 2018 concernant la mise à disposition de terrains viabilisés.
En revanche, les divergences demeurent profondes sur la question du recrutement dans le secteur de la santé. La F2S rappelle que le Pacte de stabilité sociale faisait état d’un déficit estimé à 18 000 agents et prévoyait un recrutement progressif d’environ 3 700 agents, avec une première tranche de 4 200 postes. Les syndicats contestent les nouvelles estimations avancées par le gouvernement, qui évoqueraient désormais 2 500 recrutements.
Cheikh Seck estime que tout recrutement doit reposer sur une évaluation objective des besoins réels et privilégier les personnels techniques. La fédération réclame également la création de 1 500 postes budgétaires pour régulariser les médecins, infirmiers, sages-femmes et autres professionnels de santé recrutés depuis plusieurs années sous contrat.
Les discussions ont aussi révélé des désaccords sur les critères de recrutement, notamment concernant les 500 postes annoncés par les autorités. Les syndicats redoutent que ces recrutements ne répondent pas aux véritables besoins du système de santé.
L’autre point de friction concerne aussi le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans. Pour la F2S, le déficit chronique en ressources humaines justifie le maintien en activité des professionnels de santé. Cheikh Seck a rappelé qu’un décret de 2020 avait déjà porté l’âge de départ à la retraite à 65 ans pour les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Les syndicats demandent désormais l’extension de cette mesure à l’ensemble des corps régis par le décret n°77-887.
Au total, huit points de revendication restent encore à examiner lors de la prochaine séance de négociation.
Malgré les avancées enregistrées sur certains dossiers, la F2S estime que les réponses apportées restent insuffisantes. En conséquence, le mot d’ordre de grève générale prévu ce vendredi est maintenu, tout comme la rétention d’informations et l’ensemble des autres actions syndicales déjà annoncées.
S.S.YADE














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